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Le voyeurisme comme tendance.

Tous les codes sociaux ont aujourd’hui changé et évolueront encore avec l’avancée technologique et surtout des médias.

Quoi de plus normal aujourd’hui que de rester en pilou pilou à la maison à regarder tous ces dits influenceurs / créateurs de contenu au travail, en activité, en famille? Ce que truc bidule a mangé à midi, ce que ton amie vient d’acheter fièrement exposé sur facebook ou instagram…


Et plus ils sont nombreux, plus ils doivent se démarquer afin de se détacher du lot et continuer à substanter nos avides appétits de comparaison, compétition, découvertes mais aussi de rêve « gratuit » depuis notre canap’.


Autrefois vu comme péjoratif, aujourd’hui comme followers… La normalisation de ces pratiques doit elle être dissociée du caractère pathologique et lourd de sens du mot « voyeur »? Ou bien simplement comme un nouveau mode de publicité, de partage? Quel impact cela a t’il sur les notions de pudeur ou d’intimité? Le glissement entre réalité et fiction est il réellement sans conséquence? Info, intox, on approuve ou on désapprouve?


Revenons tout d’abord sur la definition du voyeurisme.

Selon l’internaute, cela « consiste à regarder, en se tenant caché, certaines scènes, parfois érotiques. Ce terme est également utilisé pour évoquer une curiosité malsaine. »


Wikipédia, lui, le développe en incluant les notions de moralité et de pénalité d’un comportement ou d’une tendance à l’attirance à observer l’intimité d’une personne (ou d’un groupe) dans des conditions particulières dans le but d’y trouver une jouissance. Mettant la nuance sur les différentes formes existantes de voyeurisme dont la caractéristique principale et commune serait la non-interaction du voyeur avec le sujet. « Par extension le terme est également utilisé dans un contexte élargi : par exemple on parle de voyeurisme du téléspectateur face à des images ou événements touchant des personnes humaines dans leur intimité ou dans leur chair ».


Qu’en déduit on? Dans un premier temps, chaque influenceur/personnalité publique (et aujourd’hui tout à chacun), donne son approbation, son consentement en filmant/photographiant lui même des scènes de son quotidien et en les diffusant. Il choisi alors de s’exposer et de provoquer la jouissance du téléspectateur dans un but marketing (on rappelle que la jouissance est une forme de plaisir extatique et pas automatiquement sexué). Il est donc difficile d’y accoler la connotation pathologique à caractère sexuel des dictionnaires ou encyclopédies. On pencherait alors plus pour le partage, la publicité. Et par la même occasion, cela cible bien la population touchée par cet article, à savoir le spectateur et non celui qui post.

Néanmoins, cette sur exposition d’un quotidien déterminée et travaillée, franchissant les barrières de l’intimité (même si consentie) et mélangeant savamment la réalité et la fiction, générée et générant un effet de mode, m’interpelle quant à la notion de publicité.

En effet, il devient donc question de vendre un mode de vie en acceptant de montrer ce qui se passe derrière la porte de nos voisins, de monsieur et madame tout le monde (et qui n’a jamais été curieux de savoir ce qu’il s’y passait??? :p).

Mais derrière tous ces filtres, ces montages, la fréquence des post donnant « l’illusion de », se cache un travail, une gestion du temps et du contenu. Ainsi, le « quotidien » devient plus fictif que réalité, et, en ca, peut on y voir une influence? Oui. Cela reste bel et bien du marketing. Mais doit on y voir une influence? Non. On fini rarement par acheter une robe de marquise sous prétexte qu’on a vu le film « Marie-Antoinette » ou une mitraillette car on a vu « Rambo », alors pourquoi cette fiction réaliste devrait être réalité et susciter l’envie? En ce point, le voyeur n’est plus voyeur mais client. Même venant de sa propre liste « d’amis » non sponsorisés. Car ils vendent, consciemment ou non, un statut social, une image.


Alors du voyeurisme comme tendance, oui, mais au profit de qui? On ne peut sans doute pas échapper aux affres de la publicité et du marketing, mais on peut le faire de manière responsable. En ayant conscience que nous n’ouvrons pas une toute petite porte interdite au public tel un aventurier de la curiosité en lisant une story, mais que quelqu’un l’a rendue lumineuse afin qu’on aille l’ouvrir. Nous ne découvrons pas, on nous fait voir et enfin, on ne se compare pas, on nous pousse à « ressembler à. »… Et gardez bien à l’esprit que ces secondes de « rêve » ne sont pas si gratuites.


Sur ce les amis, enjoy!


peinture par @atelierstecyt

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